dimanche 24 février 2013

Astuce: personnaliser son prompt Linux et SQL Plus

Lorsqu'on travaille sur les bases Oracle nous avons généralement plusieurs terminaux Linux ouverts et connectés sur différentes bases. On peut avoir ainsi à la fois des fenêtres connectées sur des bases de PROD et d'autres sur des bases DEV.

Pour éviter la confusion entre ces différentes connexions j'aime modifier mon prompt pour y afficher notamment le nom de l'instance sur laquelle pointe mon $ORACLE_SID. En ouvrant mon terminal je suis sûr de savoir sur quelle base je pointe.

Pour pouvoir modifier l'affichage du prompt il suffit de modifier la variable système $PS1 en ajoutant des variables BASH et/ou des variables d'environnement telles que $ORACLE_SID.

Personnellement je définie ma variable $PS1 de la manière suivante:
PS1='[\u@\W $ORACLE_SID]$ '

J'obtiens ainsi le prompt suivant:
[oracle@oradata orcl1]$ 

La variable BASH \u indique le username Linux, la variable \W indique le répertoire courant. Si je me connecte en SYSDBA je sais d'avance que je pointerai sur l'instance ORCL1.

Bien sûr il est préférable de définir cette variable dans votre fichier .bash_profile pour que votre prompt soit défini automatiquement.

Vous pouvez personnaliser votre prompt à votre guise en choisissant parmi les variables BASH dont la liste se trouve dans le manuel BASH (man bash):
PROMPTING
       When executing interactively, bash displays the primary prompt PS1 when it
       is ready to read a command, and the secondary prompt  PS2  when  it  needs
       more  input to complete a command.  Bash allows these prompt strings to be
       customized by inserting a number of backslash-escaped  special  characters
       that are decoded as follows:
              \a     an ASCII bell character (07)
              \d     the date in "Weekday Month Date" format (e.g., "Tue May 26")
              \D{format}
                     the format is  passed  to  strftime(3)  and  the  result  is
                     inserted  into the prompt string; an empty format results in
                     a  locale-specific  time  representation.   The  braces  are
                     required
              \e     an ASCII escape character (033)
              \h     the hostname up to the first ‘.’
              \H     the hostname
              \j     the number of jobs currently managed by the shell
              \l     the basename of the shell’s terminal device name
              \n     newline
              \r     carriage return
              \s     the  name of the shell, the basename of $0 (the portion fol-
                     lowing the final slash)
              \t     the current time in 24-hour HH:MM:SS format
              \T     the current time in 12-hour HH:MM:SS format
              \@     the current time in 12-hour am/pm format
              \A     the current time in 24-hour HH:MM format
              \u     the username of the current user
              \v     the version of bash (e.g., 2.00)
              \V     the release of bash, version + patch level (e.g., 2.00.0)
              \w     the current working directory, with $HOME abbreviated with a
                     tilde (uses the value of the PROMPT_DIRTRIM variable)
              \W     the  basename  of  the current working directory, with $HOME
                     abbreviated with a tilde
              \!     the history number of this command
              \#     the command number of this command
              \$     if the effective UID is 0, a #, otherwise a $
          \nnn   the character corresponding to the octal number nnn
              \\     a backslash
              \[     begin a sequence of non-printing characters, which could  be
                     used to embed a terminal control sequence into the prompt
              \]     end a sequence of non-printing characters
En plus de personnaliser le prompt du terminal linux vous pouvez modifier le prompt SQL Plus en affichant par exemple le nom de l'instance.
Pour ce faire il suffit de modifier la variable SQL Plus sqlprompt de la manière suivante:
SQL> SET sqlprompt &_CONNECT_IDENTIFIER>
orcl1>
En ajoutant cette commande dans le fichier glogin.sql (qui se trouve dans $ORACLE_HOME/sqlplus/admin) la personnalisation du prompt se fera automatiquement à chaque connexion SQL Plus.

jeudi 21 février 2013

NO_INVALIDATE

Cet article est une réponse à Yahya Mezroui avec lequel j'ai fait un pari aujourd'hui. Je discutait avec lui sur le calcul de stats de tables et la possibilité d'invalider les curseurs liés à cette table présents dans la shared pool en jouant sur le paramètre NO_INVALIDATE de la procédure DBMS_STATS.GATHER_TABLE_STATS. Pour moi, le fait de mettre NO_INVALIDATE=FALSE invalidait les curseurs correspondant aux requêtes référençant la table pour laquelle on effectue un calcul de stats. Pour lui, et ce depuis la 11g, Oracle n'invaliderait plus les curseurs même si on précisait NO_INVALIDATE=FALSE.

Voici donc un petit test case (effectué sur une base 11.2.0.1) prouvant que j'avais bien raison.
J'ouvre une première session et je crée une table T1
-- Session 1
SQL> select * from v$version;

BANNER
--------------------------------------------------------------------------------
Oracle Database 11g Enterprise Edition Release 11.2.0.1.0 - Production
PL/SQL Release 11.2.0.1.0 - Production
CORE    11.2.0.1.0    Production
TNS for Linux: Version 11.2.0.1.0 - Production
NLSRTL Version 11.2.0.1.0 - Production

SQL> create table T1 as select * from dba_objects;

Table created.

SQL> create index t1_idx on t1(object_id);

Index created.

SQL> exec dbms_stats.gather_table_stats(user,'T1');

PL/SQL procedure successfully completed.

SQL> select sid from v$mystat where rownum=1;

       SID
----------
    33
Ma session correspond au SID 33.

Dans une 2ème session je regarde les statistiques « parse count (hard) » et « parse count (total) » pour ma première session (SID 33) :
 SELECT sn.name, ss.value FROM v$statname sn, v$sesstat ss 
WHERE sn.statistic# = ss.statistic#
AND sn.name IN ('parse count (hard)','parse count (total)')
AND ss.sid =33;

NAME                                      VALUE
---------------------------------------------------------------- ----------
parse count (total)                               1731
parse count (hard)                            377
Je retourne ensuite sur ma première session et j'effectue une requête toute simple sur T1:
 -- Session 1
SQL> select object_id from t1 where object_id= 2;

 OBJECT_ID
----------
     2
Je regarde maintenant les stats sur mon autre session et je constate qu’un Hard Parse a bien été effectué (la statistique « parse count (hard) » a été incrémenté de 1) :
 -- Session 2
SQL> /

NAME                                      VALUE
---------------------------------------------------------------- ----------
parse count (total)                               1736
parse count (hard)                            378
J'exécute de nouveau la requête dans ma session 1 puis dans ma session 2 je check de nouveau les stats de parsing:
-- Session 1
SQL> select object_id from t1 where object_id= 2;

 OBJECT_ID
----------
     2

-- Session 2
SQL> /

NAME                                      VALUE
---------------------------------------------------------------- ----------
parse count (total)                               1737
parse count (hard)                            378
Cette fois la statistique « parse count (total) » a été incrémentée mais pas la stats « parse count (hard) », il s’agit donc d’un soft parse. C’est normal puisque un curseur partageable existait déjà dans la library cache depuis que la requête a été exécutée la 1ère fois.

Maintenant je lance un calcul de stats sur T1 (depuis une 3ème session pour éviter d'impacter les stats de parsing de ma session 1) mais en indiquant à Oracle que je ne souhaite pas invalider les curseurs (NO_INVALIDATE=TRUE):
-- Session 3
-- Recalcul de stats avec non invalidation du curseur (no_invalidate=TRUE)
SQL> exec dbms_stats.gather_table_stats(user,'T1',no_invalidate=>TRUE);

PL/SQL procedure successfully completed.
Si j'exécute de nouveau ma requête je constate que le « parse count (hard) » n'a pas été incrémenté:
 -- Session 1
SQL> select object_id from t1 where object_id= 2;

 OBJECT_ID
----------
     2

-- Session 2
SQL> /

NAME                                      VALUE
---------------------------------------------------------------- ----------
parse count (total)                               1738
parse count (hard)                            378
C'est donc bien que le NO_INVALIDATE=TRUE n'a pas invalidé le curseur.

Calculons maintenant les stats en forçant l'invalidation du curseur c'est à dire en mettant le paramètre NO_INVALIDATE à FALSE:
-- Session 3
-- Recalcul de stats avec  invalidation du curseur (no_invalidate=FALSE)
SQL> exec dbms_stats.gather_table_stats(user,'T1',no_invalidate=>FALSE);

PL/SQL procedure successfully completed.

-- Session 1
SQL> select object_id from t1 where object_id= 2;

 OBJECT_ID
----------
     2

-- Session 2
SQL> /

NAME                                      VALUE
---------------------------------------------------------------- ----------
parse count (total)                               1743
parse count (hard)                            379

Cette fois ci le hard parse a bien eu lieu puisque la statistique « parse count (hard) » a été incrémenté c'est donc bien que le curseur présent dans ma shared pool a bien été invalidé par le calcul de stats effectué dans ma session 3.

Donc Yahya tu me dois bien un resto demain ;-)

Je le tacle gentiment ici mais je viens de passer une semaine avec lui en formation SQL Server (oui oui j'ai bien dit SQL Server) et il m'a appris beaucoup de choses sur Oracle rien qu'en discutant. C'est quelqu'un d'extrêmement compétent avec une connaissance très large des technos Oracle. Nos amis de la BNP ont bien de la chance de l'avoir dans leur équipe de DBAs. Ca n'empêche pas que demain il va me payer le resto...
























































































































































































































dimanche 3 février 2013

Naviguer dans l'historique de SQLplus sous Linux

Si vous utilisez SQL Plus sous DOS vous devez surement apprécier  de pouvoir naviguer dans l'historique des commandes exécutées précédemment  en jouant avec les flèches HAUT et BAS.

Si vous utilisez par contre SQL Plus sous Linux vous serez déçu de voir qu'en tapant sur les flèches HAUT et BAS vous ne pourrez pas faire défiler les commandes précédemment exécutées. Vous aurez en retour des caractères bizarres du genre:
SQL> ^[[A^[[B  

Heureusement sous Linux il existe toujours une solution.
Celle-ci consiste ici à récupérer le package RLWRAP puis à l'installer. Vous pouvez télécharger le package correspondant à votre version de Linux ici.
Voici un exemple d'istallation pour mon Oracle Linux 6:
 [oracle@ahmed-ol6 ~]$ su root
Password: 
[root@ahmed-ol6 oracle]# cd /media/sf_Softs/
[root@ahmed-ol6 sf_Softs]# ls rlwrap*
rlwrap-0.37-1.el6.i686.rpm
[root@ahmed-ol6 sf_Softs]# rpm -ivh rlwrap-0.37-1.el6.i686.rpm
warning: rlwrap-0.37-1.el6.i686.rpm: Header V3 RSA/SHA256 Signature, key ID 0608b895: NOKEY
Preparing...                ########################################### [100%]
   1:rlwrap                 ########################################### [100%]

Maintenant que le package a été installé je me connecte à ma base via SQL Plus en précédent SQLPLUS par RLWRAP:
 [oracle@ahmed-ol6 ~]$ rlwrap sqlplus / as sysdba

SQL*Plus: Release 11.2.0.1.0 Production on Sun Feb 3 11:58:21 2013

Copyright (c) 1982, 2009, Oracle. All rights reserved.

Connected to:
Oracle Database 11g Enterprise Edition Release 11.2.0.1.0 - Production
With the Partitioning, Automatic Storage Management, OLAP, Data Mining
and Real Application Testing options

SQL> sho parameter db_name

NAME TYPE VALUE
------------------------------------ ----------- ------------------------------
db_name string orcl1

Si j'appuie sur la flèche du haut je vois apparaitre la dernière commande exécutée:
SQL> sho parameter db_name
Pour que RLWRAP soit automatiquement pris en compte lorsqu'on lance SQL Plus il suffit d'ajouter l'alias suivant dans le fichier .bash_profile:
alias sqlplus='rlwrap sqlplus'







dimanche 27 janvier 2013

Où en est ma transaction?

Si après avoir exécuter ou rollbacker une grosse requête DML vous vous demandez au bout d'un certain temps "mais où en est ma transaction?" sachez qu'il existe une vue Oracle qui peut vous aider à répondre à cette question.

En effet la vue V$TRANSACTION et notamment les colonnes used_urec et used_ublk indiquent respectivement le nombre d'undo records et le nombre d'undo blocks en cours pour cette transaction. Ces informations ne concernent que les transactions en cours.

Voyons ça avec un exemple:
SQL> create table t1 as select * from dba_objects;

Table created.

SQL> insert /*+ append */ into t1 select * from t1;

79589 rows created. 

SQL> commit;

Commit complete.
 
SQL> insert /*+ append */ into t1 select * from t1;

159178 rows created.

SQL> commit;

Commit complete.

SQL> insert /*+ append */ into t1 select * from t1;

318356 rows created.
 
SQL> commit;

Commit complete.

SQL> insert /*+ append */ into t1 select * from t1;

636712 rows created.
 
SQL> commit;

Commit complete.

SQL> select count(1) from t1;

  COUNT(1)
----------
   1273424 

SQL> alter table t1 add UPDATED DATE;

 Table altered.

J'ai donc une table contenant 1 273 424 lignes.

J'ouvre maintenant une 2ème session pour interroger V$TRANSACTION:
 
-- session 2
SQL> select used_urec, used_ublk from v$transaction;

 no rows selected

Aucune ligne n'est retournée ce qui est normal vu que je n'ai aucune transaction en cours.
Je modifie maintenant la colonne UPDATED de ma table T1:
 SQL> update t1 set UPDATED=SYSDATE;
Allons voir ce que donne la vue V$TRANSACTION:
- session 2
SQL> select used_urec, used_ublk from v$transaction;

 USED_UREC  USED_UBLK
---------- ----------
    403450       3281

1 row selected.

SQL> select used_urec, used_ublk from v$transaction;

 USED_UREC  USED_UBLK
---------- ----------
    722550       5875

1 row selected.

SQL> select used_urec, used_ublk from v$transaction;

 USED_UREC  USED_UBLK
---------- ----------
   1238350      10068 

1 row selected.
 

SQL> select used_urec, used_ublk from v$transaction; 

 USED_UREC  USED_UBLK
---------- ----------
   1744083      14879

 1 row selected.

On se rend compte que les colonnes used_urec et used_ublk augementent ce qui indique que ma transaction est en cours d'exécution.
Une fois que l'update est terminé je regarde de nouveau le contenu de la vue:
SQL> select used_urec, used_ublk from v$transaction;

 USED_UREC  USED_UBLK
---------- ----------
   2546848      22598

 1 row selected.

Ma transaction a donc généré 2 546 848 undo records et 22598 undo blocks.

Maintenant si je rollback ma transaction les colonnes used_urec et used_ublk devraient avoir des valeurs qui diminuent jusqu'à atteindre 0:
-- session 1
SQL> rollback;


-- session 2
SQL> select used_urec, used_ublk from v$transaction;

 USED_UREC USED_UBLK
---------- ----------
 2375717 20953 

1 row selected.

SQL> select used_urec, used_ublk from v$transaction; 

 USED_UREC USED_UBLK
---------- ----------
 2211273 19371

 1 row selected.

Ces informations permettent d'avoir une idée sur ce qu'il reste à rollbacker.
Une fois le rollback terminé il n'y a plus de ligne correspondante dans V$TRANSACTION:
SQL> rollback; 

Rollback complete. 

-- session 2
SQL> select used_urec, used_ublk from v$transaction;

 no rows selected

Dans mon exemple je n'avais qu'une seule transaction en cours.
Dans un environnement de PROD vous aurez surement plusieurs transactions en cours dans votre base. Pour pouvoir obtenir la ligne dans V$TRANSACTION qui correspond à votre transaction vous pouvez utiliser une jointure avec V$SESSION via les colonnes ADDR et TADDR.

lundi 14 janvier 2013

Utiliser Oracle sous Linux à la maison

Si vous utilisez Oracle au travail il est fort probable que la base de données soit installée sur un serveur Linux ou Unix.
Ainsi si vous souhaitez vous entraînez à administrer une base Oracle chez vous autant que ce soit avec un environnement sous lequel vous êtes déjà ou serez amenés à utiliser dans un contexte professionnel.

Le moyen le plus simple pour avoir chez soi (sur son PC Windows ou Ubuntu) une base Oracle sous une distribution Linux certifiée par Oracle est d'utiliser une machine virtuelle. Cette machine virtuelle va fonctionner sur votre PC comme un ordinateur à part avec son propre système d'exploitation (par exemple Linux).

Si vous ne souhaitez pas vous compliquer la tâche à installer une distribution Linux et une base Oracle vous pouvez utilisez directement une image d'une machine virtuelle où l'OS et Oracle sont déjà installés. Sur le site d'Oracle vous trouverez une page permettant de télécharger l'image d'une machine virtuelle à importer sous virtualbox.
Cette machine virtuelle contient une base Oracle 11.2.0.2 sous un Oracle Linux 5.

Pour installer cette machine virtuelle il vous suffit d'abord d'installer Virtualbox sur votre PC puis d'importer l'image "Oracle_Developer_Day.ova" de la machine virtuelle fournie sur le site d'Oracle en appuyant sur "CTRL+i:



Une fois l'image de la machine virtuelle importée vous pouvez y accéder en double cliquant sur la machine intitulée "Oracle Developer Days" à gauche de l'interface principale de virtual box:



 Une fois la machine démarrée il ne vous reste plus qu'à vous connecter avec le user "oracle" (mot de passe "oracle" également):



Vous voilà maintenant connecté à une machine Oracle Linux 5.
Vous pouvez également constater qu'une base Oracle 11.2.0.2 y est installée:
 [oracle@localhost ~]$ echo $ORACLE_HOME
/home/oracle/app/oracle/product/11.2.0/dbhome_2
[oracle@localhost ~]$ echo $ORACLE_BASE

[oracle@localhost ~]$ echo $ORACLE_SID
orcl
[oracle@localhost ~]$ sqlplus / as sysdba

SQL*Plus: Release 11.2.0.2.0 Production on Sun Jan 13 16:49:31 2013

Copyright (c) 1982, 2010, Oracle.  All rights reserved.

Connected to:
Oracle Database 11g Enterprise Edition Release 11.2.0.2.0 - Production
With the Partitioning, OLAP, Data Mining and Real Application Testing options

SQL> select instance_name from v$instance;

INSTANCE_NAME
----------------
orcl
 Vous pouvez maintenant utiliser chez vous une base Oracle 11g sous Linux pour améliorer vos connaissances. Vous pouvez même vous risquer à quelques manœuvres un peu dangereuses vu qu'en quelques clics il vous est possible de revenir à l'état initial de la machine virtuelle.